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  • domingo, 14 de agosto de 2016

    Euthanasie, la fausse porte de la « paix éternelle »


    Traduction: Jean Emmanuel Nunes

    Paris / France


    L’euthanasie est malheureusement légale en Belgique depuis 2002. La loi belge dispose que, pour bénéficier du droit à l’euthanasie, les patients doivent démontrer l’existence d’une souffrance psychologique ou physique constante et insupportable. En 2013, on dénombrait 1807 cas d’euthanasie dans le pays, la majorité d’entre eux ayant concerné des personnes âgées souffrant de pathologies en leur phase terminale (seuls 4 % des cas concernaient des personnes atteintes de troubles psychiatriques).

    L’euthanasie a suscité des controverses dans les milieux juridiques. Au Brésil, la Constitution et le code pénal sont très clairs : l’euthanasie est un assassinat ordinaire.

    S’agissant des milieux médicaux, en termes d’éthique médicale, la vie est considérée comme étant un don sacré, et il n’appartient pas aux médecins d’avoir la prétention d’être juges de la vie ou de la mort de quelqu’un. D’ailleurs, il est important de rappeler que l’Association mondiale de médecine, depuis sa Déclaration de Madrid de 1987, clame que l’euthanasie est un acte inadéquat du point de vue éthique.

    C’est dans ce contexte qu’en Belgique, Sébastien, un Belge, défraie la chronique depuis qu’il a sollicité officiellement, il y a quelques semaines, le bénéfice du droit de mourir par euthanasie. A cet effet, il invoque le fait qu’il souffre psychologiquement car il ne parvient pas à admettre son homosexualité, vivant dans une constante sensation de honte et d’épuisement mental, pour être attiré sexuellement vers un genre vers lequel il ne devrait pas, d’après lui : c’est comme si tout était à l’opposé de ce qu’il voudrait que les choses soient, allègue-t-il.

    En Belgique, l’euthanasie bénéficie d’un immense soutien populaire. Et le nombre de cas autorisés croît chaque année depuis 2002. En 2013, la loi fut modifiée pour permettre l’euthanasie des enfants en stade terminal. La loi dispose que toute mort par euthanasie dans le pays doit être autorisée par un comité de médecins et d’avocats. Pour Gilles Genicot, Maître de conférences en droit médical à l’Université de Liège et membre de ce comité qui examine les demandes d’euthanasie, le désir de Sébastien, par exemple, ne remplit pas les critères légaux de l’euthanasie (1).

    Nous ne nous étendrons pas sur les motifs pour lesquels Sébastien rejette sa propre sexualité, afin de privilégier une réflexion doctrinale autour du contresens lié à l’euthanasie légale. En effet, il n’appartient pas à un homme, en quelque circonstance que ce soit et sous quelque prétexte légal que ce soit, de bénéficier d’un quelconque droit de choisir et de délibérer à propos de la vie ou de la mort de son prochain ; et l’euthanasie, cette fausse pitié, sème le désordre dans la thérapeutique divine qui intervient au travers des processus rédempteurs qui offrent une réhabilitation spirituelle.

    Nous, spirites, savons que l’agonie physique et émotionnelle prolongée peut avoir une finalité précieuse pour l’âme et, la maladie chronique peut être, en réalité, un bien. À la question 920 du Livre des esprits, voici la réponse qui fut donnée : « la vie lui a été donnée comme épreuve ou expiation ; mais il dépend de lui d'adoucir ses maux et d'être aussi heureux qu'on le peut sur la Terre » (2).

    Nombre de malheureux croient que la solution à leurs souffrances se trouve dans la mort, grâce à l’euthanasie légale. Cependant, nous pouvons affirmer qu’au-delà de souffrir dans le monde spirituel les douloureuses conséquences de ce geste répréhensible qui manifeste la révolte et la lâcheté face aux lois de la vie, celui qui cherche à mourir par le biais de l’euthanasie (sorte de suicide indirect) renaîtra avec les mêmes séquelles physiques résultant de son choix de mourir par anticipation et, devra affronter à nouveau la même situation douloureuse puisque sa foi inexistante et sa distance de Dieu ne lui a pas permis d’atteindre le succès existentiel.

    Le spirite véritable agit constamment en faveur de la vie, respectant les desseins de Dieu, cherchant non seulement à adoucir ses propres souffrances mais s’efforçant également à adoucir les douleurs de son prochain (sans euthanasie), en étant confiant dans la justice parfaite et la bonté du Créateur, car dans les Lois de ce dernier, il n’y a pas de place pour l’injustice : chacun reçoit de la vie selon ses nécessités et ses mérites. C’est la loi première !

    Jorge HESSEN

    Le 22 juillet 2016


    Source : A luz na mente, revista online
    Traduction : J.E.
    Références :
    1)    Cf. http://www.bbc.com/portuguese/internacional-36591159  

    2)    Kardec, Allan. Livre des Esprits, q. 920

    domingo, 12 de junho de 2016

    Agression sexuelle, sottise humaine et prière




    Traduction: Jean Emmanuel Nunes

    Paris / France


    En moyenne, on estime le nombre d’agressions sexuelles à 1000 pour 1 million d’habitants et par jour. Certains chercheurs estiment que ce chiffre serait 40 fois plus élevé. On peut donc estimer qu’entre 7 et 140 millions d’agressions sexuelles ont lieu chaque jour dans le monde, soit entre 2,5 milliards et 100 milliards chaque année.

    Pour le psychologue et écrivain Alexandre Bez, le violeur retire de l’acte un plaisir trouvant son origine dans une « perversion sexuelle », dont les sentiments tendent vers la colère, la sensation de pouvoir et un sadisme impératif. En violentant sexuellement une femme, l’individu détruit l’existence de sa victime, lui occasionnant divers préjudices tels que : l’absence de concentration, des troubles liés à l’angoisse, l’insomnie, des troubles alimentaires, des pertes de mémoire (ce qui permet de ne pas revivre le traumatisme), des phénomènes d’exclusion sociale, et de possibles tentatives de suicide (1). 

    L’incident récent survenu au cœur de la ville de Rio de Janeiro, où une adolescente de 16 ans fut sexuellement violée par plus d’une trentaine d’hommes, lors d’un viol collectif, a entraîné de vives protestations et manifestations au Brésil, dont la presse internationale s’est fait l’écho. Il est évidemment désolant que de tels événements soient repris dans la presse du monde entier. Comment se fait-il qu’au 21ème siècle des événements d’une telle nature aient encore lieu ? Parmi les aberrations morales existantes, surtout dans le domaine de la sexualité, une des plus néfastes est, sans nul doute, l’union charnelle forcée, imposée par la force physique ou morale (psychologique). Traditionnellement, là où règne le trafic d’armes et de drogues, le viol d’une femme, qu’elle soit jeune ou même préadolescente, alors que son corps change pour la rendre nubile, c’est une pratique connue et, du point de vue des marginaux trafiquants et proxénètes, c’est une pratique absolument nécessaire pour les conduire à la prostitution.

    La violence sexuelle est le fruit pourri de l’animalité humaine. La meilleure manière de rendre une société plus juste et altruiste, c’est d’éduquer les jeunes générations. Cependant, on n’a jamais autant rechercher le «plaisir sexuel» qu’à l’époque présente. Nombre de jeunes ne cessent de changer de partenaires, et nombre de couples plongent dans les aventures extraconjugales. Alors, l’être humain a-t-il besoin d’autant de «plaisir sexuel» ? Est-ce qu’un tel «plaisir» serait de l’amour ? Bien sûr que non, car la manifestation de l’instinct sexuel est un phénomène mécanique et biologique d’attraction magnétique, alors que l’amour est un sublime désir. Le sexe n’est qu’un instrument des sensations. Lorsque la sexualité est enrichie par les émotions éminentes de l’amour, l’être s’illumine. Par contre, sans ce nettoyage de cette charge érotique, cela afflige sa réflexion et cristallise son émotion.

    Est-ce que lorsqu’elle subit un acte de violence sexuelle, une victime s’acquitte moralement d’une dette passée ? Evidemment que non ! Car toutes les tribulations auxquelles nous sommes confronté dans la vie n’ont pas nécessairement été prévue ou choisie par nous. Le choix se résume au type d’épreuve. D’ailleurs, l’esprit de vérité nous avertit : « Si l'Esprit a voulu naître parmi des malfaiteurs, par exemple, il savait à quels entraînements il s'exposait, mais non chacun des actes qu'il accomplirait ; ces actes sont l'effet de sa volonté ou de son libre arbitre » (Livre des Esprits, A. Kardec, q. 259). Le viol ne fait donc pas partie d’une programmation réincarnatoire. Par contre, lorsque cela se produit, la victime et son agresseur sont soumises aux lois de Dieu, et sont sujettes à l’appréciation spirituelle de l’incident qui conduit la victime à devoir affronter l’épreuve avec bravoure et patience, l’amenant à une évolution spirituelle alors que, pour le violeur, une douloureuse route de réparation de sa faute l’attend, qui inclut le pardon de la victime pour l’aider à parvenir au dépassement de ses déficiences morales.

    Et nous qui nous insurgeons lorsque nous apprenons des cas de viols, appelant à une justice « vengeresse », il faut nous souvenir que rien ne résiste aux desseins de la Loi du Créateur, et avant de nous transformer en juge implacable vis-à-vis des criminels, il nous faudra nous souvenir du message que Jésus adressa à ceux qui condamnaient la femme adultère : « qu’ils lui jettent la première pierre ». Il est donc important que la prière inclut celle en faveur des criminels, afin que ces derniers puissent sortir de la situation dans laquelle ils se trouvent, qu’ils puissent réfléchir à leurs crimes, et qu’ils puissent vouloir eux-mêmes disposer d’une nouvelle opportunité de repentir, de réparation et d’expiation, en vue de leur progrès spirituel.

    Face à ces panoramas dantesques, sur lesquels les contrastes de la vie sociale pèsent, au regard aux diverses cultures terrestres, Dieu n’a naturellement pas abdiqué sa direction du monde. Il y a un ordre des choses et nous ne sommes pas abandonnés par le Gouverneur de la Terre et par les Ouvriers divins de la spiritualité qui accompagnent chaque événement et qui offrent toujours une opportunité de s’améliorer à celui qui violent les lois, et qui offrent leur aide à celui qui souffre de l’action perverse des criminels.

    C’est l’occasion de faire silence et d’observer la miséricorde du Créateur, étant donné qu’ainsi nous contribuerons à l’œuvre majeure de l’Evangile.

    Jorge HESSEN
    Le 3 juin 2016

    Source : A luz na mente, revista online
    Traduction : J.E.
    Bibliographie :

    1) http://www.msn.com/pt-br/saude/medicina/psic%c3%b3logo-fala-dos-traumas-sofridos-por-v%c3%adtimas-de-estupro/ar-BBtEych?li=AAggPNl&ocid=UE07DHP
    2) Livre des Esprits, Allan Kardec, q. 259

    domingo, 29 de maio de 2016

    Un trouble mental observé du point de vue spirite



    Traduction: Jean Emmanuel Nunes

    Paris / France


    La jeune britannique Sarah Green avait eu un ample historique de troubles mentaux depuis qu’elle était âgée de 11 ans. Elle aimait écrire dans son journal intime les difficultés qu’elle affrontait au quotidien. À 17 ans, elle fut internée dans une unité de traitement spécifique au sein d’une clinique psychiatrique, en Angleterre, pour y être soignée mais, finit par se suicider en s’auto-mutilant.

    Avant d’être internée, Sarah avait été victime de harcèlement scolaire dans son lycée. Cela l’avait conduit à s’auto-flageller pour tenter de se libérer de sa consternation. Elle considérait que ses camarades ne l’acceptaient pas à l’école, qu’ils la haïssaient pour ce qu’elle était, et ajoutait qu’elle-même ne s’appréciait pas. Green n’arrivait pas à comprendre comment elle avait pu s’en sentir affectée au point de n’avoir plus aucune estime de soi.

    Lorsqu’elle fut internée, les automutilations se sont aggravées. Le cas de Sarah n’est pas unique. Les services de santé mentale, que ce soit au Royaume-Uni ou dans d’autres pays, ont souvent montré leur impuissance lorsqu’ils sont confrontés à des enfants et à des adolescents porteurs de troubles mentaux. D’après l’O.N.G. Inquest, rien qu’en Angleterre, neuf jeunes gens sont décédés depuis 2010 durant leur internement en clinique psychiatrique.

    Nous ne nous attacherons pas aux éventuelles failles du système de soins anglais, mais nous nous intéresserons aux troubles, aux automutilations et aux auto-lésions. De tels éléments sont associés au trouble psychologique appelé : « trouble de la personnalité borderline » (TPB), classé par le psychanalyste Adolph Ster en tant que pathologie à mi-chemin entre la neurose et la psychose, engendrant un dysfonctionnement du métabolisme cérébral, désintégrant l’ego et engendrant un sentiment de perte désespérant.

    La littérature spécialisée relève que les symptômes du trouble de la personnalité borderline apparaissent habituellement au cours de l’adolescence, perdurant approximativement une décennie dans la majorité des cas. Les personnes victimes de ce trouble ressentent un besoin irrépressible de s’autopunir du fait de leurs échecs et du fait de leurs frustrations personnelles au cours de leur vie quotidienne. Les chercheurs croient qu’une origine génétique peut aussi être associée à des facteurs traumatiques durant l’enfance ou l’adolescence, y compris les possibles abus sexuels, les négligences, les séparations douloureuses, ou le fait d’être orphelin.

    Une personne ayant un trouble de la personnalité borderline (TPB) ressent un soulagement émotionnel chaque fois qu’elle se mutile. Parmi les blessures fréquentes qui y sont associées, on trouve : se donner des coups de poings ; se sangler ; se pendre quelques instants ; se mordre ; étendre ou rouvrir ses plaies ; s’arracher les cheveux ; se brûler ; se taillader volontairement avec des objets aiguisés ; se pincer ; ingérer des produits corrosifs et des objets ; s’empoisonner par overdose de médicaments ou de produits chimiques (sans intention suicidaire) ; se taper la tête contre les murs ; donner des coups de poings sur des surfaces dures.

    Le fait est que la science classique ne parvient pas à comprendre clairement les causes raisonnables des troubles psychologiques et mentaux. La psychiatrie reste prisonnière des limites du cerveau, alors qu’en tant que spirites, nous savons que le cerveau n’est pas la source essentielle des pathologies mentales, mais seulement l’extériorisation de l’effet de la maladie.

    Qu’on le veuille ou non, le spiritisme a, en vérité, ébranlé les structures de la science mécanique en vigueur, en révolutionnant le domaine des idées matérialistes et en innovant les considérations religieuses et scientifiques. L’idée qu’il existe un  être extra physique (esprit) éclaire l’origine de bien des énigmes pathologiques de la psyché. En ce sens, le spiritisme avance beaucoup plus en débattant et en analysant rationnellement la loi de la réincarnation, qui explique la question des liens affectant les causes actuelles et passées des maladies. La loi de cause à effet amplifie le débat et aide à comprendre, par exemple, que la vie présente est le reflet de ce que nous avons été jusqu’à aujourd’hui, ce qui inclut nos expériences passées (réincarnations antérieures).

    Les cadres psychopathologiques actuels doivent être analysés sous ce prisme (causes et effets), pour être les reflets des troubles moraux provenant de vies antérieures, compte tenu de leur manifestation sous une forme invariablement dramatique, qui apporte la souffrance tant au malade qu’à sa famille. On peut alors en conclure qu’il s’agit là d’une répercussion des déviances morales ayant eu lieu lors d’existences passées.

    A partir du moment où on lui concède de réincarner, en toutes ses phases, pendant et après la conception, le réincarnant imprime tous ses besoins et héritages génétiques dans les molécules d’ADN de son nouveau corps physique, engageant et même potentialisant les fonctions des neurotransmetteurs cérébraux.

    Les expériences liées à des vies antérieures de l’esprit sont donc des legs apportés et bâtis par l’esprit lui-même, qui modélise son sort à venir. S’il a un désir sincère de réparer ses fautes, le mécanisme de la loi de cause à effet lui applique un adoucissement en fonction des échos des fautes morales qui pèsent sur son économie morale.

    Cela équivaut à affirmer que le germe de la maladie mentale se trouve enregistré dans le périsprit du réincarnant. Leur genèse est toujours spirituelle : de la neurose la plus simple à la démence, l’hystérie, l’anxiété morbide ou la schizophrénie. Il apparaît aussi que la maladie mentale est une expiation ou une épreuve pour les parents qui ont pu être les complices des fautes commises par ces malades.

    Il faut aussi comprendre que la guérison intégrale des cadres psychopathologiques est très difficile parce que cela relève du plan réincarnatoire de l’esprit ; cependant, la douleur, tant du malade que de sa famille, peut être adoucie si les personnes liées au drame ont la certitude que Dieu ne fait pas peser sur les épaules un fardeau trop lourd à porter.

    Du point de vue spirite, la thérapeutique du traitement des tragédies psychopathologiques (obsessives ou non) est essentiellement préventive, car le spiritisme suggère la résignation face aux vicissitudes de la vie que pourrait causer l’exaspération ou l’atténuation de la maladie. La connaissance de soi, la recherche constante de la réforme intime et la transformation personnelle de chaque personne concernée sont des moyens efficaces de regagner la santé psychique de tous, puisque chacun d’entre nous peut potentiellement tomber malade.

    Si l’on se place du point de vue de la vie éternelle, on notera que si l’on souffre aujourd’hui, ce n’est qu’une phase infime et transitoire de notre existence. Il faut reconnaître, en conséquence, que la croix que nous portons, même si elle semble fort lourde, peut parfaitement être portée si l’on à la force morale et confiance en la providence divine ; car tout effort sera récompensé d’après les statuts du Créateur, qui ne laisse jamais le moindre espace à d’injustes dispositifs.

    Jorge HESSEN

    Le 4 mai 2016


    Source : A luz na mente, revista online

    Traduction : J.E.

    domingo, 28 de fevereiro de 2016

    Le spiritisme confronté au mérite et aux inégalités


    Allan Kardec


    Traduction: Jean Emmanuel Nunes

    Paris / France



    L’économie du monde actuel périclite, ne parvenant pas à sortir de la crise financière de 2008, par ailleurs la plus importante de ces huit dernières décennies. Tout a commencé avec la banqueroute de grandes banques aux Etats-Unis, laissant une dette de près de 3 milliards de milliards de dollars US $. La crise s’est ensuite répandue à travers la planète, provoquant d’innombrables situations de chômage et de récession. D’ailleurs, les principales économies du monde ne sont pas encore sorties de la crise. Et malgré cette tempête économique, paradoxalement, le nombre des millionnaires a été multiplié par deux.

    Les faits démontrent que les crises économiques ont le pouvoir de concentrer les revenus et de rendre les riches encore plus riches. Aussi, comment peut-on résoudre ce problème ? Bien sûr, ce ne sera pas grâce aux idéologies extrémistes de l’égalitarisme. Plus les inégalités économiques sont fortes dans un pays, plus forte est l’opposition idéologique entre ceux qui prônent « l’égalitarisme » et ceux qui prônent le « libéralisme ». Or, l’histoire montre que l’hyperconcentration des richesses engendre des désordres. C’est pourquoi, l’inégalité des richesses est un des problèmes qui préoccupe le plus les gens. Et c’est en vain que l’on cherchera à résoudre le problème de l’inégalité, si l’on ne prend en compte que l’unicité des existences.

    Alors, pourquoi tous les hommes ne sont-ils pas également riches ? Et voilà ce que les Bienfaiteurs répondirent à cette question posée par Kardec : « Ils ne le sont pas par une raison très simple, c'est qu'ils ne sont pas également intelligents, actifs et laborieux pour acquérir, sobres et prévoyants pour conserver » (1). Et lui d’ajouter : « C'est d'ailleurs un point mathématiquement démontré, que la fortune également répartie donnerait à chacun une part minime et insuffisante ; qu'en supposant cette répartition faite, l'équilibre serait rompu en peu de temps par la diversité des caractères et des aptitudes ; qu'en la supposant possible et durable, chacun ayant à peine de quoi vivre, ce serait l'anéantissement de tous les grands travaux qui concourent au progrès et au bien-être de l'humanité » (2). 

    Et ajoute : « Si Dieu la concentre sur certains points, c'est pour que de là elle se répande en quantité suffisante, selon les besoins. Ceci étant admis, on se demande pourquoi Dieu la donne à des gens incapables de la faire fructifier pour le bien de tous » (3). C’est là une preuve de la Sagesse et de la Bonté divine. Car en donnant le libre arbitre à l’homme, Dieu veut que celui-ci, grâce à son expérience personnelle, parvienne à distinguer le bien du mal, et choisisse le bien, par ses efforts et sa libre volonté. Evidemment, l’harmonie de la société ne peut se décréter, puisque la force qui caractérise l’action des démocraties est excessivement passagère. 

    Les idées du spiritisme défendent le concept de méritocratie de l’idéal libéral, outre la liberté individuelle ; et ceux qui défendent ces valeurs ne sauraient être jugés réactionnaires. Le principe de l’inutile idéologie égalitaire a constamment fasciné les réflexions révoltées, parce qu’il semble être plus «juste», et mieux prendre en compte les intérêts des plus fragiles de l’humanité. Quelle plaisanterie ! Cette idéologie porte en elle une tâche hideuse : elle n’est pas capable de respecter ce qui est inhérent à l’être humain, à savoir le libre arbitre individuel. Comme elle ne parviendra jamais à s’établir avec l’accord des citoyens, elle cherche à s’imposer par la force pour que les « plus égaux » (groupes artificiels), minoritaires, puissent diriger « la liberté » du reste de la population réprimée.

    Il faut réaffirmer que les adeptes du matérialisme rêvent d’une égalité parfaite entre les créatures, sans comprendre que s’ils reçoivent les mêmes droits au travail et à l’acquisition devant Dieu (qu’il l’accepte ou pas !), les hommes, par leurs propres actions, sont profondément inégaux entre eux, en intelligence, en vertu, en compréhension et en moralité. Et les annales de l’Histoire montrent que le «travailleur», le «battant», le «labeur quotidien» pour gagner son pain, ne sont pas des valeurs qui seraient l’apanage moral de ceux qui se revendiquent du principe égalitaire.

    Du point de vue de la réincarnation, le spiritisme illustre les contresens des théories radicales de l’égalitarisme et œuvre à la restauration de la route adaptée de l’évolution sociale. Lorsque les idéaux chrétiens se confrontent à l’idéologie égalitaire, ils ne sont pas éblouis par les réformes extérieures, concluant que l’exceptionnelle rénovation qui doit être prise en considération est celle de l’homme intérieur, la cellule vivante de l’organisme social de toutes les époques, s’adaptant à l’intensification des mouvements éducatifs de la créature, à la lumière éternelle de l’Evangile du Christ.

    L’Histoire montre également qu’un nombre significatif de matérialistes, d’athées et d’extrémistes révoltés ont toujours existé, existent et existeront, malheureusement, toujours ; qu’ils soient violents, qu’ils fassent du tapage, ils menacent la liberté du citoyen. Ceux qui s’opposent à ces idées agressives ne forment pas une majorité « aliénée » ; et on ne peut accepter que des citoyens se sentent menacés dans leurs acquisitions, bâties grâce à leur travail et à leur dignité. Ainsi, toute idéologie fondée sur les principes égalitaires ne peut perdre de vue la sage maxime du Christ : « à chacun selon ses mérites ».
    Il faut en outre rappeler les principes contenus dans le Livre des Esprits à propos des lois morales, et même dans l’Evangile de Jésus, qui prônent la fraternité, et non pas une idéologie égalitaire. Ce serait une perte de temps que de prendre appui sur la rhétorique vide selon laquelle le livre « Nosso lar » décrirait une communauté fondée sur des principes socialistes égalitaires fallacieux : ce n’est pas la vérité ! Car là-bas, il est sans cesse réaffirmé la méritocratie offerte à chaque individu qui s’attache aux vertus et aux valeurs morales acquises. C’est d’ailleurs là un exemple pour toute société d’aujourd’hui ou de demain.

    Jorge HESSEN
    Le 6 février 2016

    Source : A luz na mente, revista online

    Traduction : J.E.

    Bibliographie :

    1) Evangile selon le spiritisme, Allan Kardec, ch. 16, §8

    2) Evangile selon le spiritisme, Allan Kardec, ch. 16, §8

    3) Evangile selon le spiritisme, Allan Kardec, ch. 16, §8

    domingo, 27 de dezembro de 2015

    De l’ancestrale déférence aux défunts



    Traduction: Jean Emmanuel Nunes

    Paris / France


    D’après Léon Denis, le culte des morts s’est forgé à une époque très lointaine et se retrouve dans la quasi-totalité des tendances religieuses. Pour l’auteur de « Après la mort », la commémoration des morts est, quant à elle, un leg des Celtes. Les Gaulois, au lieu de commémorer dans les cimetières, entre les tombes, célébraient dans leurs foyers le souvenir des amis repartis, et non pas perdus, et évoquaient la mémoire des esprits aimés, qui parfois se manifestaient à travers les druides et les bardes inspirés (1).

    Ils ne vénéraient donc pas les restes cadavériques, mais l’âme survivante, et c’était dans l’intimité de chaque habitation qu’ils célébraient le souvenir de leurs morts, loin des catacombes, à la différence des peuples primitifs. La Fête des Esprits était d’ailleurs d’une grande importance pour eux puisqu’ils rendaient hommage à Samhain, « le Seigneur de la mort », une fête qui commençait toujours la nuit précédent le 1er novembre, c’est-à-dire dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre.

    Les Romains expulsèrent et détruisirent les druides, en imposant le fameux « christianisme clérical » (ou colérique ?). Cette période historique de frénétique agitation, mutilée plus tard par les barbares au cours d’une nuit de dix siècles (l’indigeste Moyen Âge), qui a proscrit le spiritualisme et intronisé la superstition, le surnaturel, le miracle, la béatification, la sanctification et l’endormissement décisif de la conscience humaine.

    L’histoire officielle de l’église romaine indique que ce fut au sein du monastère bénédictin de Cluny, dans le sud de la France, qu’en l’an 998, Saint Odilon, abbé, a promu la célébration du 2 novembre en mémoire des morts, pour la replacer dans une perspective catholique. Mais c’est en 1311 que Rome approuva la célébration de la mémoire des défunts. Cependant, c’est Benoît XV qui universalisa cette célébration, en 1915, parmi les catholiques, de sorte que l’extension de la religion aida plus encore à la diffusion de cette coutume.

    La législation en vigueur au Brésil établit le 2 novembre comme étant un jour férié dans tout le pays, afin que les personnes puissent rendre hommage à leurs «morts». Objectivement, on doit respecter les désincarnés en ayant l’amour et la fraternité pour objectif, sans qu’il soit nécessaire de consolider nos nobles sentiments face à des tombes, ni que nos souvenirs ou hommages se déroulent un jour spécial, fixé officiellement.

    Aujourd’hui, cette célébration a été détournée, notamment le rituel religieux, puisque l’aspect mercantile a pris le pas sur l’aspect sentimental et émotionnel, dès lors que la commercialisation des fleurs, des cierges, des images de saints, d’étoffes, et celui de la conservation des tombes (dont on ne se souvient habituellement qu’en novembre) répondent à ce protocole social.

    La splendeur des sépultures funèbres est établie par les parents qui désirent honorer la mémoire du défunt, relevant la vanité et l’orgueil de ces parents, qui, psychologiquement, cherchent d’abord à s’honorer eux-mêmes. Ce n’est pas toujours pour le défunt qu’ils procèdent à toutes ces démonstrations, mais par arrogance, ou pour l’estime du monde, et parfois pour exhiber sa richesse. Or, il ne sert à rien au riche de s’aventurer à éterniser sa mémoire au travers d’un mausolée magnifique.

    Des bienfaiteurs, nous recevons de sages enseignements à propos des funérailles et de la commémoration des morts. Voyez : « Les Esprits sont-ils sensibles au souvenir de ceux qu'ils ont aimés sur la Terre ?
    -          Beaucoup plus que vous ne pouvez le croire ; ce souvenir ajoute à leur bonheur s'ils sont heureux ; et s'ils sont malheureux, il est pour eux un adoucissement » (2).

    S’agissant, du Jour des défunts, ils affirment que c’est une journée comme les autres, car les esprits sont sensibles à nos pensées, pas aux célébrations humaines. Le Jour des défunts, ils « sont plus nombreux ce jour-là, parce qu'il y a plus de personnes qui les appellent ; mais chacun d'eux n'y vient que pour ses amis, et non pour la foule des indifférents » (3).

    La massive visite traditionnelle de la sépulture ne signifie pas qu’elle apporte une satisfaction aux morts, puisqu’une prière à leur intention leur sera plus profitable. Il est bien vrai que « La visite au tombeau est une manière de manifester qu'on pense à l'Esprit absent : c'est l'image. Je vous l'ai dit, c'est la prière qui sanctifie l'acte du souvenir ; peu importe le lieu, si elle est dite par le cœur » (4).

    Des personnes (beaucoup d’ailleurs) demandent, avant même de mourir, à être enterré dans tel ou tel cimetière. Cette attitude, sans l’ombre d’un doute, démontre leur infériorité morale. « Que fait un coin de terre plutôt qu'un autre pour l'Esprit élevé ? » (5).

    Réfléchissons ensemble : le Jour des Défunts est-il consacré aux défunts libres ou aux morts encore attaché à la vie matérielle ? Deux types de morts sont possibles : ceux qui se sentent totalement libres de leurs vestes charnelles, et donc « vivants » pour la vie spirituelle pleine, d’une part, et, d’autre part, ceux qui conservent la sensation d’être encore incarné et qui sont pourtant « morts » pour la vie physique, ne vivant dans la spiritualité qu’une vie animale. « Pour le monde, les morts sont ceux qui ne sont plus revêtus de chair ; pour Jésus, ce sont ceux qui vivent immergés dans la matière, étrangers à la vie première qu’est la vie spirituelle. Voilà ce qui explique le célèbre enseignement évangélique où une personne qui souhaitait suivre le Maître, demandait d’abord à pouvoir enterrer son père qui venait de décéder » (6). Et Jésus proclama alors : « Laisse les morts enterrer leurs morts, mais toi, va annoncer le Règne de Dieu » (7).

    Bien sûr, « mieux vaut se souvenir avec joie, et non se lamenter, de ceux qui sont parti et qui sont pleinement vivants. Le Jour des défunts est un ensemble de joie et de douleur, de présence et d’absence, de fête et de nostalgie. A nous qui restons ici, il nous faut réfléchir et célébrer la vie avec amour et tendresse, pour ensuite, peut-être, ne pas sombrer dans l’amertume du regret. A ceux qui sont parti, notre prière, notre gratitude, notre souvenir, notre tendresse, notre amour ! » (8).

    Si nous sommes capables de prier en toute sérénité et confiance, transformant la nostalgie en espérance, alors nous ressentirons parmi nous la présence de nos parents et amis désincarnés, enveloppant notre cœur de joie et de paix. Pour cette raison et bien d’autres, faisons du 2 novembre un jour de révérence à la vie, en nous souvenant tendrement de ceux qui précèdent notre retour dans la patrie spirituelle, tout comme de ceux qui partagent le chemin de notre existence terrestre.

    Jorge HESSEN

    Le 3 novembre 2015


    Source : A luz na mente, revista online
    Traduction : J.E.
    Bibliographie :

    1)    Le génie celtique et le monde invisible, Léon Denis
    2)    Livre des esprits, Allan Kardec, q. 320
    3)    Livre des esprits, Allan Kardec, q. 321
    4)    Livre des esprits, Allan Kardec, q. 323
    5)    Livre des esprits, Allan Kardec, q. 325
    7)    Luc, 9:60
    8)    Jornal Mundo Espirita, novembre 2006, éditorial

    segunda-feira, 7 de dezembro de 2015

    Lynchage : une foule homicide



    Traduction: Jean Emmanuel Nunes

    Paris / France


    D’après Wikipédia, le lynchage est l’exécution sommaire d’une ou plusieurs personnes, commise par une foule dans l’objectif de punir un criminel supposé ou pour intimider, contrôler ou manipuler une partie spécifique de la population. L’article précise que le Colonel Charles Lynch, dans la période qui précéda la guerre d'indépendance des États-Unis, décida, en 1782, de réformer la façon dont la justice était appliquée dans sa région et de pratiquer le lynchage (1). D’autres sources attribuent ce terme de lynchage au capitaine William Lynch, un esclavagiste originaire du comté de Pittsylvanie, en Virginie, qui dirigeait un comité de maintien de l’ordre durant la colonisation américaine. Vers 1837, la « loi de Lynch » donna naissance au mot « lynchage », particulièrement en Nouvelle-Angleterre où, en dépit des lois qui les protégeaient, des noirs furent poursuivis par des Comités de vigilance, qui donneront naissance au Ku Klux Klan. 

    Malgré les deux origines possibles, à savoir de Charles ou de William Lynch, on trouvait des procédés de justice expéditive similaires au Moyen-Age en Europe. D’ailleurs, dans l’Antiquité, nombre d’écrits relatent des faits de lynchage pratiqués sous les auspices de la loi. 

    Parmi les juifs, la lapidation, qui est le fait pour la foule de jeter des pierres, est la peine appliquée à certaines infractions, telles que l’adultère d’une femme et l’homosexualité masculine, entre autres. Deux cas célèbres de lapidation sont relatés dans le Nouveau testament : celui de la femme adultère, évité par Jésus-Christ, et celui d’Étienne.

    C’est un fait de ce type qui provoqua l’émotion dans tout le Brésil, celui du meurtre de Fabiana Maria de Jésus, la 20ème mort par lynchage au Brésil au cours de l’année 2014 (2), qui fut lynchée par les habitants du quartier de Morrinhos IV, à la périphérie de la ville de Guaruja, située sur le littoral de l’État de São Paulo, et qui intervint le 3 mai 2014. Fabiana avait 33 ans. C’était une femme au foyer mariée, mère de deux enfants, qui vivait au sein de ce quartier. Elle fut confondue avec une femme qui enlevait des enfants pour se livrer à des sacrifices lors de rituels de magie noire. Elle fut battue et tuée par la foule.

    La violence de l’homme « civilisé » a ses racines profondes et vigoureuses dans la jungle. L’homo « brutalis » a ses lois : subjuguer, humilier, torturer, lyncher et tuer. Le pragmatisme des sociétés contemporaines robotise l’homme, ce qui signifie qu’il l’a pétrifié sur le plan moral. Le même individu, qui se prosterne face aux images froides du Très haut dans des temples somptueux, est capable d’ordonner tortures et lynchages. L’homme contemporain est tourmenté par la peur, cet atroce ennemi qui le tourmente, une fois soumis aux contingences de la vie actuelle, mais est aussi tourmenté par l’insécurité et les incertitudes, résultant d’une grave détérioration de l’éthique. Il lui faut pour cela reprendre ses concepts, repenser ses valeurs, réformer son intimité et adopter l’Évangile en tant que ligne directrice sure pour l’avenir de la société.

    Au 21ème siècle, dans une société civilisée, on s’attend à ce que les personnes se mobilisent pour améliorer les institutions et non à ce qu’elles se fassent justice par elles-mêmes de manière sauvage, sans donner aux suspects le droit de se défendre. Et ce dans l’objectif de rendre une justice supposée, où l’injustice est souvent de règle. Même si la victime est réellement criminelle, cela ne change rien au caractère bestial du lynchage. 

    Dans le passé, les lyncheurs étaient autorisés à rendre coup pour coup grâce au code d’Hammourabi, édicté en 1780 avant Jésus-Christ, un des premiers codes législatifs écrits dans l’Histoire, connu également sous le nom de «Loi du Talion», qui prêchait le principe de la proportionnalité de la punition et du « œil pour œil, dent pour dent ».

    Habituellement, les lynchages se produisent dans des sociétés où l’on n’a pas confiance dans les dispositifs de sécurité, ni dans les processus pénaux : une police négativement appréciée, un sentiment d’impunité généralisé, une justice perçue comme étant en lente et inutile, un État absent, incapable de résoudre les conflits, bref un système qui ne fonctionne pas. C’est ce manque de confiance et de légitimité qui conduit le lyncheur à agir et à justifier sa stupide action de se faire justice lui-même.

    Le comportement libre et « justifié » des lyncheurs reflète quelque peu le concept « d’état naturel » de Hobbes (1588-1679) et de Locke (1632-1704). Pour Thomas Hobbes : « l’homme est un loup pour l’homme », « L'intérêt et la crainte sont les principes de la société et toute la morale consiste à vivre selon notre bon plaisir », et il est important que l’autorité de l’État établisse l’ordre. Quant au philosophe John Locke, il énonçait que s’il y avait un manque de confiance dans l’État ou s’il n’accomplissait pas ses obligations, le peuple pouvait se rebeller. En ce sens, le lynchage est une façon de se rebeller contre l’État vis-à-vis duquel on se méfie. Plus tard, le théoricien écossais David Garland, qui étudia les lynchages dans ses diverses œuvres, a défini cette pratique comme étant une forme collective de réaliser une justice rétributive, afin de rétablir l’honneur perdu et de réaffirmer le pouvoir du groupe.

    La vague croissante de délinquance, qui se répand à travers la Terre, prend des proportions catastrophiques et imprévisibles, ce qui exige une profonde réflexion de la part de l’homme honnête et lucide. « D’après les récentes statistiques de l’ONU, le Brésil (un pays supposé paisible) occupe la 15ème place dans la liste des pays les plus violents du monde (ce qui a conduit le journal Le Monde à baptiser la coupe du monde de la FIFA de « coupe de la peur »). Et parmi les 50 villes les plus dangereuses de la planète, 16 sont brésiliennes » (3).

    « Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades » (4). Il faut donc réfléchir, à la lumière de la Doctrine spirite à propos du crime, de la violence et de la loi. Le premier commandement de la Loi divine inclut la charité envers les criminels, aussi difficile que ce sentiment puisse paraître face à la barbarie. 

    Devant la Loi de Dieu, nous sommes tous frères, aussi répugnant que cette idée puisse paraître aux lyncheurs. Le criminel est quelqu’un qui méconnaît la Loi divine, qui ne reconnaît pas la paternité divine, et qui ne voit donc pas l’autre comme un frère. 

    Nous, nous avons acquis cette valeur, et nous savons qu’il est aussi un fils de Dieu, même s’il a dévié du bien, et qu’il a besoin de notre amour fraternel. Mais comment aimer un criminel, un ennemi de la société ? Kardec enseigne : « Aimer ses ennemis, ce n'est donc point avoir pour eux une affection qui n'est pas dans la nature, car le contact d'un ennemi fait battre le cœur d'une tout autre manière que celui d'un ami ; c'est n'avoir contre eux ni haine, ni rancune, ni désir de vengeance ; c'est leur pardonner sans arrière-pensée et sans condition le mal qu'ils nous font ; c'est n'apporter aucun obstacle à la réconciliation ; c'est leur souhaiter du bien au lieu de leur souhaiter du mal ; c'est se réjouir au lieu de s'affliger du bien qui leur arrive ; c'est leur tendre une main secourable en cas de besoin ; c'est s'abstenir en paroles et en actions de tout ce qui peut leur nuire ; c'est enfin leur rendre en tout le bien pour le mal, sans intention de les humilier. »(5).

    Le Maître nazaréen indiqua : « Vous avez appris qu'il a été dit aux Anciens : 

    Vous ne tuerez point, et quiconque tuera méritera d'être condamné par le jugement.

    - Mais moi je vous dis que quiconque se mettra en colère contre son frère méritera d'être condamné par le jugement ; que celui qui dira à son frère : Racca, méritera d'être condamné par le conseil ; et que celui qui lui dira : Vous êtes fou, méritera d'être condamné au feu de l'enfer (Mathieu, 5:21-22) » (6). Allan Kardec en conclut : « Par ces maximes, Jésus fait une loi de la douceur, de la modération, de la mansuétude, de l'affabilité et de la patience ; il condamne par conséquent la violence, la colère et même toute expression désobligeante à l'égard de ses semblables » (7).

    Ainsi, le spiritisme enseigne qu’aimer ses ennemis est l’une des grandes conquêtes sur l’égoïsme et l’orgueil. C’est leur souhaiter le bien et non le mal, et n’avoir pour eux ni haine, ni désir de vengeance.

    Jorge HESSEN

    Le 6 juin 2014

    Source : A luz na mente, revista online

    Traduction : J.E.

    Bibliographie :

    1) http://pt.wikipedia.org/wiki/Linchamento
    2) Correio braziliense, juin 2014
    3) http://www.brasilpost.com.br/patricia-melo/genocidio-autorizado_b_5291725.html
    4) Mathieu, 9:10-12
    5) Allan Kardec, Evangile selon le spiritisme, ch. 12, §3
    6) Allan Kardec, Evangile selon le spiritisme, ch. 9, §3-4 ; Mathieu, 5:21-22
    7) Allan Kardec, Evangile selon le spiritisme, ch. 12, §3-4 ; Mathieu, 5:21-22

    terça-feira, 29 de setembro de 2015

    Des défunts qui ne se décomposent pas, des momifications et des embaumements

    Traduction: Jean Emmanuel Nunes

    Paris / France


    Lorsque le corps meurt, il se décompose sous l’effet de l’humidité, de la température et de la présence de micro-organismes. Le processus est toujours le même : d’abord, l’autolyse se produit lorsque les cellules cessent de s’oxygéner et que le sang s’avère envahi par le dioxyde de carbone. Le pH baisse et les déjections accumulées empoisonnent et détruisent les cellules. Ensuite, les enzymes « brisent » ces cellules, provoquant la nécrose qui fait « pourrir » le corps de l’intérieur vers l’extérieur.

    Tel est le cours naturel pour la majorité des corps physiques mais, il y a de multiples exceptions, parce que certains cadavres ne se décomposent pas intégralement. Et lorsqu’un tel phénomène se produit, de tels cadavres sont, de manière absurde, sanctifiés et/ou révérenciés. Il y a des récits de corps qui ne « pourrissent » pas et qui sont retrouvé intacts lors de leurs exhumations, postérieurement aux périodes naturelles de sépulture, et de tels récits sont suffisamment fréquents pour ne pas être classés comme des cas atypiques.

    Bien que les principes qui gouvernent le « pourrissement » des corps soient complexes et non comprises dans leur ensemble, il est certain qu’à l’avenir la science éclaircira les énigmes liées à la corruption et à l’absence de corruption (1). Pour certaines croyances, l’incorruptibilité est un « miracle » qui ne résulte ni de l’embaumement, ni de la momification. Superstitions mises à part, en vérité, les corps embaumés et momifiés présentent des caractéristiques facilement reconnaissables par la science. Quant aux cadavres non corrompus, il convient de dévoiler les plus profondes fonctions du magnétisme, et en particulier mettre en exergue les performances du fluide vital sur les structures organiques.

    Les momifications, ou préservations de corps, se produisent aussi sous l’effet de processus naturels, non seulement chez les humains mais aussi chez les plus diverses formes de vie, allant des micro-organismes ou des plantes unicellulaires aux mammouths voire même à des arbres entiers, comme le démontre la myriade de fossiles de tissus mous déjà retrouvés et catalogués.

    Il y a plus de 500 ans, une jeune inca âgée de 15 ans fut conduite jusqu’à une montagne argentine escarpée où elle fut assassinée lors d’un sacrifice religieux, victime d’un coup porté à la tête, puis abandonnée assise sur place avec ses vêtements et objets de cérémonies. Les basses températures et l’air quasi raréfié des Andes ont préservé l’état de son corps durant des siècles, jusqu’à sa découverte en 1999. Voilà un cas naturel de préservation du corps.

    A l’inverse, il y a le cas non moins curieux de Rosalia Lombardo, une fillette italienne décédée il y a 87 ans maintenant, alors qu’elle était âgée de 2 ans. Son corps, et en particulier son visage délicat, sont resté intacts à l’intérieur d’un cercueil recouvert d’un support de marbre enterré dans les « catacombes des capucins de Palerme » (2). Mais Rosalia avait été embaumée par le Dr Alfred Solafia, qui avait employé un processus secret qui n’a jamais été divulgué jusqu’à sa mort.

    La momification des cadavres n’est pas une nouveauté puisque les Égyptiens de l’Antiquité utilisaient déjà des techniques (encore méconnues) de préservation du corps des défunts. L’esprit Emmanuel nous précise que d’antiques papyrus décrivent l’avancée des sciences occultes en ce sens et, à travers ces sources, les égyptologues modernes peuvent reconnaître que les initiés (égyptiens) connaissaient l’existence d’un corps spirituel préexistant (périsprit), qui organise le monde des choses et  des formes. « Leurs connaissances relatives aux énergies solaires liées au magnétisme humain sont supérieures aux connaissances actuelles. De ses connaissances sont nées les processus de momification des corps, dont les techniques se sont perdues dans l’indifférence et l’agitation des autres peuples » (3).

    Pour le mentor de Chico Xavier, les pharaons étaient des initiés et détenaient bien des pouvoirs « spirituels » et bien des connaissances occultes provenant des sciences secrètes. « C’est pour cela que leur désincarnation provoquait la concentration magique de toutes les volontés, afin d’entourer son tombeau d’une vénération et d’un suprême respect. Cet amour ne se traduisait pas seulement dans les actes solennels de la momification parce que l’environnement des tombeaux étaient saturés d’un magnétisme étrange » (4), et que c’est dans ces saturations magnétiques, qui défient les millénaires, que résident les causes de la tragédie amère subie par Lord Carnarvon, le patron des excavations qui permirent de découvrir la tombe cachée du pharaon Toutankhamon, ainsi que par l’un des hommes qui y avaient pénétré. Sa mort, fruit d’une affection après avoir été piqué par un insecte, fut attribuée à la malédiction qui frappe ceux qui incommodent le «sommeil d’un pharaon », sans parler des autres tragédies vécues par ceux qui ont participé à cette excursion.

    Jorge HESSEN

    Le 1er juin 2015



    Source : A luz na mente, revista online
    Traduction : J.E.
    Bibliographie :

    1)    L’incorruptibilité est la croyance selon laquelle l’intervention surnaturelle (de Dieu) permet à certains corps humains de ne pas subir le processus normal de décomposition après la mort. Dans le catholicisme romain, si un corps reste non corrompu après la mort, cela signifie, généralement, que ladite personne est un «saint» ou une «sainte», bien que l’on ne s’attende pas à ce que tous les saints et saintes aient leurs corps non corrompus.
    2)    Espèce de musée de momies
    3)    Francisco Candido Xavier, A Caminho da luz, « O Egito »

    4)    Francisco Candido Xavier, A Caminho da luz, « O Egito »